Recit de voyage

Escalade et alpinisme dans les Rocheuses canadiennes​​

Qui n’a jamais rêvé d’utiliser la montagne comme prétexte pour voyager ? Et parmi les destinations qui font rêver, les “Rocky Mountains” au Canada arrivent rapidement dans le haut de la liste ; du moins, dans la nôtre ! En août 2018, nous avons mis cordes, baudriers et réchaud dans la soute de l’avion direction Calgary. Sur place, nous avons 15 jours pour faire de l’escalade et de l’alpinisme dans les rocheuses. C’est évidemment trop court, mais cela donne un avant-goût qui crée comme une envie d’y revenir.

Sur la route, entre Calgary et Jasper.

Notre avion atterri à Calgary en fin de journée, nous avons juste le temps de récupérer la voiture de location et d’aller dormir. Les villes, ce n’est pas à notre goût, nous ne nous s’y attardons pas. Nous partons le lendemain en direction des Parcs Nationaux.

Après un arrêt au Décathlon local, où nous achetons la traditionnelle bombe et cloche anti-ours, nous faisons un premier arrêt à Canmore. Nous découvrons les campings canadiens, avec table de pique-nique et foyer pour le BBQ à chaque emplacement : le pied ! Nous cherchons un premier spot de grimpe dans les alentours pour aller timidement tâter le caillou canadien.  Le topo en anglais nous embrouille un peu et on perd du temps à trouver le pied de la voie. On ne grimpe pas longtemps et dès qu’une branche craque on pense qu’un ours va venir nous dévorer. Paranoïa bonjour ! Mon cerveau me joue des tours et j’arrive même à avoir une hallucination visuelle : « Là derrière toi, un ours ! Ah non pardon, c’est du vent dans un buisson… ». Nous ne verrons finalement aucun ours pendant notre séjour dans les Rocheuses canadiennes… On grimpe ce jour-là au secteur appelé Old Goat en face du Ha Ling Peak. C’est un spot agréable pour commencer : jolie vue, pas trop fréquenté et pas trop difficile.

Le lendemain, nous faisons une randonnée facile au Ink pots de Johnston Canyon. C’est joli et ça met dans l’ambiance : cascade, lac, vallée… mais il y a un peu trop de monde pour nous. Le lendemain, nous nous offrons le luxe d’une séance de couenne au Lac Louise. Le lac est magnifique et l’ambiance de grimpe au top ! Le spot de Outhouse Area est un très bon moyen de profiter de la beauté du lac depuis les falaises. Mais on se caille et avec les doigts gelés, ce n’est pas très pratique pour grimper. Welcome to Canada ! Note pour moi-même : il faut un thermos et des gants pour grimper au Canada au mois d’août.

Après un but à la première tentative à cause d’un parking complet dès 6h du matin (pris d’assaut par le tourisme dans cette zone), nous revenons le lendemain (super tôt) pour faire le Mount Temple. C’est une course facile avec une petite longueur de 3+/4- et un risque de neige au sommet qui nous oblige à prendre les grosses, la corde et crampons. La course n’est pas dure techniquement mais longue en chaussures d’alpinisme : 1700 m de dénivelé positif. 

Nous ne croisons qu’une seule cordée dans la journée. On ne peut pas dire que l’endroit souffre de la sur-fréquentation. Pourtant au Lac Louise, point de départ de cette course, c’est noir de monde. 

Nous sommes contents de faire notre premier 3 000 mètres canadien mais sommes un peu frustrés, il y a trop peu de parties grimpantes dans cette course. 

Dans les jours qui suivent, la météo n’est pas très clémente et nous décidons de randonner du côté du Minnewanka Lake et du Pyramid Lake. Nous attendons une salvatrice fenêtre de météo propice à l’alpinisme.

En dépit de l’interdiction formelle de dormir en dehors des campings dans les parcs nationaux, nous dormons sur le parking du Athabasca Glacier. Réveil à 4h et départ pour une rando glacière : le Snow Dome. Course qu’on ne pourra pas finir à cause d’une chute de séracs sur notre itinéraire, beaucoup trop expo pour nous… On passera quand même pas loin de 8h sur le glacier. C’est une très belle course malgré le « but séracs » qui nous rappelle que les canadiens n’ont pas exactement la même définition que nous de « course facile ». Au moment où on redescend, on croise les bus qui montent sur le bas du glacier avec des pneus à clous. Petite promenade autour du bus et on s’en va. Le Disneyland de la montagne, ce n’est pas vraiment notre tasse de thé : on file en vitesse.

On monte vers Jasper, une ville beaucoup plus petite et mignonne que Banff. Avec ses petites maisons en bois, on dirait une ville de trappeur perdue dans les montagnes. Après un but sur une grande voie à cause de la météo, le soleil est enfin au rendez-vous et on en profite pour grimper au-dessus de l’eau. Le spot s’appelle Morro Slabs. Nous prenons une bière au soleil pour finir. On ne veut plus repartir… Les orgies de pancakes chez Smitty’s nous manquent déjà…

On prend la route des glaciers pour rentrer à Calgary. C’est un peu cliché mais époustouflant, et on comprend pourquoi les voyageurs empruntent cette route. On en prend plein la vue. Dernier arrêt avant de quitter le parc : Banff ! C’est un peu le Chamonix des Rocheuses. On s’y arrête pour boire une bière et manger un burger. On commence à être rodé sur les spots de grimpe, mais il faut déjà faire les sacs et rentrer en France. On grimpe à Sunshine Rock pour dire au revoir au rocher canadien. Puis, le dernier soir, nous faisons un petit tour au Banff Gondola, des œufs qui nous déposent au sommet d’une colline pour une bière au soleil. Oh Canada…

Les points positifs :

  • Les campings. Avec un âtre et un permis de faire du feu : parfait pour les chamallows et les hotdogs au BBQ.
  • Les paysages. Des vallées immenses, des lacs, des forêts… on cède facilement aux charmes du Canada.
  • Les brunchs chez Smitty’s. Sirop d’érable à volonté !
  • La faune. On voit beaucoup d’animaux sauvages, c’est donc génial pour ceux qui pratiquent la photo animalière.
  • Des parcs nationaux. lls sont très bien entretenus et n’ont pas été détruits par une urbanisation rampante.
  • Les hotsprings. Après une journée d’escalade ou de rando, les bains chauds naturels en extérieur sont absolument divins.

Les points négatifs :

  • La fréquentation : les parkings des lacs connus sont remplis dès 6h30 du matin, les rares refuges sont réservés 6 mois à l’avance, les meilleurs campings sont complets… ça complique les choses et laisse peu de place à l’improvisation, alors que l’anticipation et la planification n’est pas notre fort en voyage.
  • La peur de tomber nez-à-nez avec un ours nous a rebuté à faire de l’itinérance : c’est bien dommage. Partir plusieurs jours en sac à dos et s’aventurer un peu dans l’arrière-pays canadien doit être incroyable. Contrairement à la France il y a peu de refuges, et ils sont souvent réservés longtemps à l’avance. Ça complique les choses pour l’alpinisme (approche longue ou porter la tente, mais il y a les ours… ah ces satanés ours…)
  • Difficile en 15 jours de sortir des sentiers battus (c’est une évidence mais c’était très frustrant). On finit par prendre le coup de main pour dénicher sur les cartes les coins tranquilles, mais on a l’impression de partir quand on commence tout juste à être acclimaté.

Conseils pour préparer son voyage dans les Rocheuses canadiennes :

  • Faire du trad en France et améliorer son mental sur coinceur. Au Canada, la plupart des voies sont équipées de manière « minimaliste ».
  • La fin du mois d’août n’est pas idéale pour la météo (équivalent du mois d’octobre/novembre en France). Le mois de juin et juillet semble plus approprié pour la grimpe : peu de neige, caillou sec…

Les livres utilisés pour préparer le voyage :

Sport Climbs in the Canadian Rockies

Lonely Planet Banff, Jasper and Glacier National Parks

The 11,000ers of the Canadian Rockies

Jasper Rock Climbing, Northern Exposure

 

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